UA-65828409-1
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

26/05/2014

EUROPENNES 2014: clap de fin

Allez! On clôt notre série sur ces Européennes 2014 avec un article sur l'Union Européenne aujourd'hui: quelle réalité recouvre-t-elle? 

Je ne m'appesantirai pas sur les résultats qui vous sont décortiqués à longueur de soirées télé par des gensses sans doute plus compétents que moi. Non, pour ma part, je vous emmène au coeur de cette nébuleuse qu'est l'Union européenne en tentant d'apporter un éclairage sur ce que représente l'Union européenne aujourd'hui, et en développant  deux angles: son histoire et son fonctionnement institutionnel, ce qui permettra d'en savoir un peu plus sur le Parlement Européen.

Communauté européenne, Europe des 12, puis des 15, Union Européenne... Sous ses diverses appellations, la construction européenne n'a pas recouvré la même démarche, le même état d'esprit.

A l'origine, la première mouture d'une coopération européenne, inter-étatique naît en 1951, avec la communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Loin de l'idée fédéraliste d'un super-Etat européen, il s'agissait surtout de mettre en commun des ressources concernant des productions trans frontalières, puisque charbon et acier étaient concentrés notamment dans l'Est de la France et du coté allemand en Sarre, proche du département de la Moselle.

Le traité de Rome de 1957 est l'acte fondateur de l'Union, alors appelée communautés européennes.

6 membres fondateurs, les mêmes qui avaient mis en place laCECA: France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, (Bénélux), Italie, sont à l'origine de l'Union Européenne (UE). Ils sont successivement rejoint par la Grande-Bretagne, l'Eire et le Danemark en 1973, la Grèce en 1980, l'Espagne et le Portugal en 1986, puis d'Europe des 12  deviennent Europe des 15 avec en 1995 l'Autriche, la Finlande et la Suède.

Le tournant de la construction européenne se situe avec le traîté de Maastricht approuvé par référendum en France le 20 septembre 1992. C'est l'acte fondateur d' une Europe élargie, supranationale en ce sens que l'idée de coopération économique entre les Etats se mue en projet d'une Europe fédérale, plus ou moins toujours rejetée en tout cas fortement décriée par l’électorat français. Les résultats d'hier en sont encore une preuve supplémentaire et en 1992, d'ailleurs, le traité de Maastricht n’avait été ratifié que par une courte majorité (50,1%).

Symboles de cette idée d'une Europe qui se substitue aux Etats, la libre circulation des biens et des personnes, et la monnaie unique, l'Euro. Pas si unique que cela puisque sur les 28 états membres, la zone Euro concerne...18 pays de l'Union sur 28. Le Danemark, qui a voté non à Maastricht a obtenu une dérogation, la Grande-Bretagne et la Suède ont gardé le droit de garder leur monnaie.

Par son fonctionnement institutionnel, L'UE accrédite encore plus l'idée que les Etats-membres perdent de leur indépendance dans leur prise de décision. On est astreint par exemple à ce que notre déficit ne dépasse pas 3% de notre produit intérieur brut. L'augmentation du taux de la TVA début 2014 est aussi l'oeuvre de l'UE.  Plus de 60% de notre politique  nationale est soumise au cadre européen. Les décisions de Bruxelles ont plus de valeur juridique qu'une loi nationale (c'est le principe dit de subsidiarité) et la France, comme d'autres pays européens a du modifier à plusieurs reprise sa constitution pour se mettre en conformité avec les décisions de l'UE.

Comment sont prises ces décisions? Pour ce qui est du pouvoir législatif de l'Union, il y a trois institutions principales: la Commission européenne, se réunit à Bruxelles. Indépendante des États, ses membres sont nommés  par les États-membres et non pas élus.

Le conseil européen réunit les chefs d'états ou de gouvernement des pays membres.
Enfin, le Parlement compte 766 eurodéputés élus comme ils l'ont été hier.

La Commission dispose de l'initiative législative. Ses actes sont approuvés ou non par le Conseil et le Parlement, ces deux derniers organes agissant en tant que co-législateur.

Le rôle d'un eurodéputé n'est donc pas un rôle prédominant dans l'UE. Son travail principal consiste dans les réunions du parlement européen en séance plénière (4 jours/mois à Strasbourg) et le travail en commission parlementaire à Bruxelles. Sans rentrer dans le détail rébarbatif des différentes procédures législatives, on notera quand même que le Parlement européen compte des groupes politiques. Pour pouvoir en former un, le nombre de députés nécessaire est de 25, élus dans au moins un quart des Etats membres de l’Union Européenne, d'où une alliance nécessaire avec d'autres formations politiques européennes.

En conclusion, comme j'ai eu l'occasion d'en faire état précédemment, les européennes 2014 ont surtout une portée politique nationale. L'élection d'hier rappelle à nos gouvernants la réticence des électeurs français devant ce mastodonte supranational qu'est l'UE. Et puis c'est surtout une cartographie des forces politiques dans l'hexagone à trois ans des prochaines présidentielles. Bon, honnêtement, c'est un coup de pied aux fesses pour les partis de gouvernement! Un de plus!

05:42 Écrit par FredMeyrieu dans Européennes 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | |

22/05/2014

EUROPEENNES 2014: LE SCRUTIN, MODE D'EMPLOI

Eh bé ma nine il est pas facile ceui-là! Le scrutin en lui-même n'est pas complicàt. Ce que j'ai du mal à comprendre en revanche, c'est le découpage électoral: La France est partagée en huit régions pour ces élections. Et ouais mais combien de députés seront élus! Ce cirque! On va essayer d'y voir plus clair. C'est parti? C'est parti!

Scrutin, mode d'emploi, autrement dit, qu'est-ce qu'on élit et comment? Le parlement européen compte 751 députés pour 28 pays. La France a droit a 74 eurodéputés sur ces 751.

Le mode de scrutin est un scrutin proportionnel de liste à un tour à la plus forte moyenne (ça y est, les gros mots reviennent). Pour faire simple nénou, plus tu as de voix et bé plus tu as de députés! Presque!

Car là où le législateur est très fort pour démotiver l'électorat à se déplacer, c'est qu'au lieu de faire un scrutin france entière, le scrutin est inter-régional! 8 circonscriptions au total, chaque circonscription régional ayant un nombre siège réparti selon l'importance de sa population.  En ce qui nous concerne, le Languedoc-Roussillon est intégré à l'Aquitaine et Midi-Pyrénées. Sur 74 sièges, 10 seront désignés par la circonscription Sud-Ouest. Chaque liste comporte 20 noms, pour 10 sièges. Là, honnêtement je comprends pas le  pourquoi du parce que. C'est tellement peu simple que, rassurez-vous, je m'y perd aussi.

On retiendra surtout que les eurodéputés ne sont pas élus sur une liste nationale, mais circonscription par circonscription, par un scrutin de liste, à la proportionnelle. Et puis eurodéputé ou pas, comme je l'ai dit dans l'article précedent, c'est surtout le score obtenu nationalement par chaque parti qui fera débat.

04:45 Écrit par FredMeyrieu dans Européennes 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | |

EUROPEENNES 2014: LES FORCES POLITIQUES EN PRESENCE

Allez ça part de là! Premier volet de notre exploration dans la nébuleuse de ces élections de dimanche, les listes et les enjeux politiques du scrutin.

Je le dis d'entrée, rien n'est fait pour mobiliser l'électorat à outrance pour dimanche. Les élections des députés européens ont quand même cette particularité, c'est de nous dévoiler une opacité à toute épreuve. Les éléctions ne mobilisent même plus les panneaux d'affichage officiels. Sur la place, quatre affiches se battent en duel pour équiper l'espace réservé à cet effet! Or il y a 25 listes!

Nous y reviendrons dans l'article suivant, le mode de scrutin n'est pas fait pour rajouter de la visibilité à l'élection des parlementaires européens. Un découpage en huit régions, alors qu'un scrutin de liste national aurait été peut-être plus audacieux.

Ceci dit, parmi ces 25 listes, ce sont les partis nationaux qui représentent l'enjeu politique le plus important. Car il s'agit bien d'une cartographie politique de la France à quelques 36 mois de la présidentielle dont il s'agit, et tout l'enjeu réside dans le poids que les principaux partis vont tirer de ces élections.

Parmi les partis nationaux, il y a d'abord les  partisans de l'europe telle qu'elle est aujourd'hui: PS, UMP? UDI en tête: plus ou moins fédéralistes, en tout cas europhiles attachés à l'idée d'une Europe qui donnerait un cadre commun à la politique de ses états-membres. Michèle Alliot-Marie (UMP), José Bové, (EELV), député européen sortant, Virginie Rozière (PS) et Robert Rochefort (UDI, Modem) seront les têtes de listes en sud-ouest (LR, Midi-Pyrennées et Aquitaine).

Toujours parmi les ténors du payasage politique français, il y a ensuite ceux qui sont appelés anti. Non pas parce qu'ils sont europhobes, mais qu'ils militent pour une autre Europe. Une Union qui laisserait plus de marge de manoeuvre à ses états-membres et moins de pouvoirs au cénacle technocratique européiste. Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen, pour le Front National et Jean-Luc Melenchon pour l'extrême gauche seront les tenants de la contestation de la suprématie d'un pouvoir supranational sur la volonté des Etats.

Il y a donc six listes majeures et une multitude de petites listes (19) que je nommerai les flous! Plus ou moins folklo pour certaines, elles ne font qu'ajouter à l'opacité qui entoure et même mieux, caractérise, ce scrutin. je ne vais pas tous vous les citer, mais on trouve parmi cette galaxie inter-politique d'anciens candidats à la présidentielle, comme Philippe Poutou, des listes habituées aux différentes joutes politiques mais pesant très peu sur le plan national comme Lutte Ouvrière ou les royalistes, et des listes clair-obscur voire carrément obscur comme une liste anti-remplaciste (qu'es acquo cette bestiole?), des régionalistes (Euskadi, Occitanistes)... sans visibilité politique réelle.

Et c'est bien l'enjeu politique de ce scrutin. Les escrocs intellectuels qui vous disent qu'il y a les "Pour l'Europe" et les "Anti-Europe" vous prennent un peu pour des lapins de six semaines mes amis. Pour la bonne et simple raison que et d'un, on peut pas en sortir comme la souris Tac-tac sortait du chapeau de Garcimore, et surtout et de deux qu'il s'agit pour les uns soit de rattraper les bourdes gouvernementales de ces trente dernières années, soit pour les autres de peser un peu plus sur la vie politique nationale et d'avoir une réelle influence sur les échéances électorales futures.

Autrement dit, ce n'est pas pour ou contre l'Europe que l'on va voter dimanche, mais surtout pour élire une partie des représentants qui siégeront au Parlement européen avec  leur poids politique respectif: le résultat de ce scrutin est d'abord à enjeu politique national. Une nouvelle déroute des "partis de gouvernement" et une victoire de ceux qui en ont ras-le bol, quelque soit leur étiquette politique, sonneraient-elle le glas des orientations politiques de ces dernières années? ce serait surtout un sacré coup de pied aux fesses!

Un de plus?

 

00:01 Écrit par FredMeyrieu dans Européennes 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | |